Rity Baco

Written by on 01/05/2017

Rity Baco fait partie de ces jeunes artistes mahorais (Karibu, M’Toro Chamou, SakisBomzé …) qui ont commencé la musique par le Rap et qui une fois arrivés en France se sont tournés vers la musique locale : le Mgodro. Lorsque vous aurez la chance de le croiser vous le verrez avec un look de rappeur mais comme le dit le proverbe « l’habit fait pas le moine », Rity Baco défend le Mgodro de Mayotte. On ne peut pas s’empêcher de faire la comparaison avec Bomzé. Le Conservatoire en plus. Deuxième artiste mahorais (après Alpha Dini) a avoir intégré le Conservatoire de Musique. Pour perfectionner son chant Rity Baco a suivi durant une année le Conservatoire de Musique de Limoges. Retour sur le parcours de ce jeune talent.
Rity Baco fait tout jeune ses premiers pas dans la danse traditionnelle chez lui à Mtsangamouji (appelé aussi Tchanga) au sein d’une association scolaire multiculturelle (théâtre, musique, danse …). En grandissant il continue la danse mais rajoute aussi du théâtre à son parcours. Après Tchanga (Mtsangamouji) il habite quelque temps à Pamandzi (Petite terre) où il découvre le Rap avec des jeunes de la commune. Ensemble ils vont créer son premier groupe, Black System. Pour la continuation de ses études Rity Baco s’envole pour la Réunion. Dans l’île Bourbon il va créer un autre groupe de Rap avec deux compatriotes mahorais : le premier de Pamandzi et le second de Bandraboua. Après la Réunion Rity Baco continue de faire le tour du monde. Il s’envole pour la France. A Limoges où il pose ses valises il créera encore un groupe de Rap (le troisième groupe de Rap de sa carrière) mais cette fois ci avec des arabes et des antillais.
A Limoges Rity essuiera ses premières critiques, qu’il décrit aujourd’hui comme de  » la jalousie « . Après avoir souvent entendu :  » tu chantes faux  » et encouragé par un ami, Rity Baco intègre le Conservatoire de Musique de Limoges en 96 et y reste une année. Cette année de formation financée par le Conseil Général de Limoges lui permet de perfectionner son chant. Au Conservatoire Rity va apprendre à chanter autre chose que du Rap. Du Latino par exemple et aussi ses propres textes.
La rencontre avec le Mgodro
En 1997 Rity Baco rentre en vacance à Mayotte. Sans le savoir ce « retour aux sources » va lui permettre de rencontrer et redécouvrir le cœur de la musique mahoraise : le Mgodoro. Tama Music, Salim Ali Amir, etc … Voyant le fort intérêt que les mahorais porte à cette musique (le Mgodro), Rity Baco décide de faire bouillir sa marmite au son du Mgodro local. Une musique comme il le dit dans laquelle il  » se sent à l’aise « .
Pour tester et sans doute approcher de plus prêt le Mgodro, Rity Baco, sous les conseils de son petit frère, fait venir Lathéral en France pour une série de concerts. Vaut savoir que cet évènement (la venue de Lathéral en France) a été possible parce le petit frère de Rity Baco était dans la même école que Bob Kira qui n’est autre que le petit frère de Lathéral. C’est ainsi que Lathé a pu s’offrir sa première tournée en métropole.
En 98 Rity passe une audition pour intégrer une compagnie qui recherchait des jeunes pour monter un spectacle de danse et de chant. Après avoir tenté sa chance en envoyant sa photo et une maquette que Rity avait enregistré dans un studio à Limoges, à sa grande surprise il est rappelé pour débuter l’aventure. Ils iront à Los Angeles et en Guyane. Dans cette dernière destination Rity Baco fera la rencontre de jeunes Guyanais qui lui font découvrir leurs racines et l’importance de défendre sa culture, ses origines et ses racines. De retour en France Rity Baco va se mettre définitivement à la couleur locale : le Mgodro.
Avoir été retenue à cette audition qui lui a permis de voyager pour faire des spectacles Rity Baco retient ceci :  » Toutes ces réussites, ces voyages, ect … me rassure et me confirme que je suis bon dans ce que je fait. Contrairement à ce que disaient certains mahorais juste par jalousie ou pour me découragé « .
2 albums Mgodro, 2 couleurs différentes
Rity Baco à déjà 2 albums Mgodro dans les bacs. Les 2 ont été enregistrés dans la région.
Son premier album MOUSSADA, Rity Baco l’enregistre à Moroni au Studio 1 avec comme arrangeur Salim Ali Amir. Si vous lui posez la question « Pourquoi à Moroni ? » Il vous répondra que  » Premièrement ça me donner l’opportunité de rencontrer Salim Ali Amir « . Rappelez vous que c’est lors de ses vacances à Mayotte en 97 qu’il a découvert le Mgodro et notamment la musique de Salim Ali Amir. C’est suite à cette rencontre que Rity Baco a décidé d’échanger le Rap contre le Mgodro. Deuxièmement  » si j’ai enregistré mon premier album MOUSSADA c’est parce que je suis fans de leur arrangements  » fait rappeler Rity. Album de 8 titres sorti le 8 Mars 2004 jour de la journée mondiale de la femme.
Le second album l’album a été enregistré dans l’île rouge Madagascar. «  En fait je voulais des musiciens sérieux et aussi une musique bien rythmé d’où le choix d’aller faire ce disque à Mada » confie Rity.
En Septembre 2006 Rity Baco embarque dans un vol régulier à destination de Madagascar avec la ferme intention d’enregistrer son deuxième album là bas avec  » une couleur malgache « . Arrivé sans maquette dans sa poche mais juste avec des mélodies dans la tête, il commence à chercher des musiciens. C’est lors qu’il rencontre un certain Daddy Ny Andrisoa qui va enregistrer et mixer l’album. Ce dernier lui présente d’autres musiciens. A ce moment là une fois une équipe de « mercenaires » constituée les choses sérieuses peuvent débuter. Ils (Rity Baco et ses musiciens) répètent le matin et enregistre le soir au rythme de 2 chansons par jour. Avec cette fréquence le deuxième album de Rity Baco, Oussayidiya (Aider) a nécessité 5 jours de studio : enregistrement et mixage. L’artiste fera même la pochette de l’album à Madagascar. L’expérience malgache a été très concluante pour Rity qu’il nous rassure qu’il y retournera pour y tourner des clips vidéo.
Oussayidiya (Aider) c’est un album de 8 titres Mgodro de Madagascar bien rythmé mais dans certains titres on retrouve un peu le style de Mily Clément. Dans les textes de ce 2ème opus Rity Baco reste engagé d’où le titre « l’enfant terrible de Mstangamouji » qui lui est attribué par certains. Il parle de comment il voit la société dans laquelle nous vivons. Le tube de l’album qui tourne déjà en boucle dans les radios c’est Oussayidiya (Aider) dans lequel Rity nous demande de venir en aide aux orphelins  »  qui sont aussi des êtres humains comme vous et moi et qui méritent aussi une vie décente  « . Il parle aussi d’une justice à deux vitesses dans « La justice Bombo », de la politique politicienne de nos élus dans « Voti », du mauvais accueil aux urgences des hôpitaux de Mayotte dans « Urgence », de la dure vie d’être un agriculteur dans « Walimizi » (les agriculteurs). Il défend aussi sa langue Malgache dans « Licha ni rongoé ». Dans ce 5ème extrait il nous pose une question :
 » Pourquoi à Mayotte la langue Malgache est considérée comme un dialecte ?   » Oussayidiya (Aider) album de 8 titres sortie le 8 février 2007.
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